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En France, l'eau du robinet est le produit d'alimentation le plus surveillé et réglementé.

L’eau du robinet est celle fournie sur sa commune par une régie ou une compagnie. Placée sous la responsabilité du maire de la commune, et sous surveillance de l’Agence régionale de santé (ARS), l’eau du robinet est l’aliment qui subit le plus de contrôles. Toutefois, les paramètres et critères de qualité de l’eau du robinet qualifiée d’eau potable permettent la présence de bon nombre de polluants, pesticides, médicaments et bactéries entre autres.

Eau du robinet, eau potable et/ou de qualité ?

L’eau que l’on appelle couramment « eau du robinet » est celle du réseau d’adduction qui fait partie du service public de l’eau dont le maire de la commune est responsable, aussi bien de la qualité que de l’approvisionnement en quantité suffisante. Si l’eau du réseau de distribution est l’aliment qui subit le plus de tests, d’analyses et de contrôles, les normes qui lui sont applicables admettent des quantités de polluants, bactéries et autres substances que personne ne souhaite forcément s’appliquer sur la peau, inhaler sous la douche ou encore moins ingérer par la cuisine et la boisson.

La potabilité de l’eau est une notion assez subjective puisque, réglementairement, est qualifiée d’eau potable l'eau dont la consommation par l'humain (à raison de 2 litres par jour durant toute son existence) ne présentera aucun risque pour sa santé. C’est-à-dire que l’eau potable peut véhiculer des produits et substances, mais pas en quantité suffisante pour devenir nocive tant qu’on ne dépasse pas 2 litres par jour.

Sur cette notion d’eau propre à la consommation humaine, les autorités de santé ont établi une liste de 70 critères sanitaires et environnementaux auxquels doit répondre une eau avant de pouvoir être distribuée dans le réseau d’adduction et devenir l’eau de notre robinet.

Ainsi, outre les minéraux qui sont naturellement présents dans l’eau (calcium et magnésium qui forment le calcaire, et donc le tartre), des nitrates, polluants, pesticides, métaux lourds, résidus médicamenteux, plomb, fluor, bactéries (y compris fécales), produits chimiques et radioactifs peuvent être détectés dans l’eau d’adduction qui sera distribuée au robinet de l’usager tant que des seuils de concentration ne sont pas atteints.

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Filtrer ou traiter l’eau du robinet : comment et pourquoi ?

Si l’on ne souhaite boire, ingérer ou inhaler les produits indésirables présents dans l’eau du robinet, il est possible d’appliquer différents modes de purification de l’eau, allant de la filtration qui retient les particules (jusqu’aux molécules en suspension) à des traitements qui modifient les caractéristiques de l’eau du robinet.

La filtration

La filtration comprend plusieurs niveaux selon qu’on emploie de simples filtres (généralement à cartouches capables d’arrêter le calcaire et certains composés grossiers) ou des membranes de nanofiltration qui peuvent bloquer les bactéries agglomérées jusqu’aux virus et molécules indésirables (chlore, fluor, produits chimiques, produits pharmaceutiques…).

Il existe de nombreux appareils de filtration qui s’installent soit sur la distribution complète d’un bâtiment, d’un appartement ou d’une maison, soit sur un point de tirage unique qui peut être le robinet de la cuisine, un lavabo, une douche ou une baignoire, et même des carafes filtrantes qui sont également des appareils de filtration ponctuels.

Le traitement

Le traitement consiste à modifier la composition de l’eau du robinet, et notamment la dureté de l’eau mais pas seulement. Parmi les adoucisseurs d’eau (à sel, sans sel, à CO₂…) et les osmoseurs, certains provoquent une réaction physico-chimique qui précipite ou neutralise des produits présents dans l’eau. En général, ces appareils assez volumineux se montent sur la distribution d’eau plutôt qu’en un seul point de tirage.

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Boire l’eau du robinet ou l’eau en bouteille ?

Avant de faire ce choix (comme eau de boisson et/ou de préparation de boissons et de cuisine), il est indispensable de comparer les teneurs en composants (nitrates, phosphates, pesticides, minéraux, etc.) des différents produits.

Composants de l'eau du robinet

L’analyse de l’eau du robinet peut être en permanence consultée sur le site du Ministère de la santé, sur la note annexe de l’ARS jointe à la facture d’eau, en mairie et auprès de la PRPDE.

Composants de l'eau en bouteille

L’analyse succincte d’une eau en bouteille figure sur l’étiquette de la bouteille. Attention au fait qu’une marque d’eau ne signifie pas que l’eau provient d’une même source que la même bouteille à-côté (le nom de la source doit figurer sur l’étiquette). De plus, la qualité d’une eau peut varier selon l’époque de l'année. On distingue deux sortes d’eau en bouteille :

  • L’eau de source (terme réglementé) est naturellement propre à la consommation humaine. Elle ne peut recevoir comme traitement que l’aération, la décantation et la filtration, uniquement dans le but d’en extraire les gaz, le fer et le manganèse.
  • L’eau minérale (terme réglementé) est une eau ayant été reconnue pour avoir des qualités thérapeutiques. Sa consommation comme eau potable (sans effet sur la santé durant toute une vie et à raison de 2 litres par jour) n’est donc pas forcément avérée. Elle peut même être néfaste à la santé des personnes fragiles, des femmes enceintes et des nourrissons.

Le cas du fluor dans l'eau

La teneur maximale autorisée d’une eau du robinet en fluor est de 1,5 mg/L (milligramme par litre), mais les eaux embouteillées peuvent contenir jusqu’à 5 mg/L (eau de source) et certaines eaux minérales en contiennent jusqu’à 6,5 mg/L.

Au sujet du fluor, l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) recommande dans son rapport que « pour respecter la limite de sécurité, la teneur limite en fluor dans l’eau consommée par les nourrissons et les enfants devrait être 0,2 mg/L de 0 à 6 mois, 0,5 mg/L de 6 à 12 mois, 0,3 mg/L de 6 à 12 mois, 0,5 mg/L de 1 à 3 ans, 0,2 mg/L de 1 à 3 ans, 1 mg/L de 4 à 8 ans. Pour respecter la limite de sécurité, la teneur limite en fluor dans l’eau consommée par les adolescents et les adultes devrait être de 3 mg/L » (soit 2 litres à 1,5 mg/L).